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J'irai pratiquer chez vous...

Hombu dojo, japon 2023

Il est des évidences que tout pratiquant d'arts martiaux ne peut nier. Souhaiter retourner sur les terres où sa discipline est née afin d'essayer de trouver quelques subtilités originelles est l'une d'entre elles.

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C'est dans cet esprit que j'ai eu la chance de planifier mon voyage pouvoir aller au bout d'une de mes passions, l'Aïkido.

Je suis allé au Japon pour un voyage initiatique autour de cette culture que j'ai longtemps fantasmé. Mon voyage en solo était préparé de longue date: billets, hôtel réservé, carte de transport, espèce, guides privés locaux, box Wi-Fi et adaptateur électrique dans mon sac j'étais prêt..

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Mon arrivée au Japon a commencé par une mise en situation toute aussi furtive qu'inattendue avec le survol du mont Fuji au travers des nuages..

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Il est 5h55 du matin, je n'ai quasiment pas dormi pendant le vol à cause de l'excitation.


Une fois descendu de l'avion, le premier choc est l'affichage des panneaux....le fléchage omniprésent au sol et surtout le respect extrême dont font part les japonais dans les files d'attente.

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L'hôtel que j'ai sélectionné est à 10 mn à pieds de l'Aïkikai de Tokyo, le Hombu dojo.
A peine arrivé, je tente ma chance pour une première exploration du chemin de l'hôtel au Hombu dojo.
Et me voilà quelques minutes plus tard  face à l'endroit dont tant de personnes m'ont parlé (Merci Google Maps !).

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Je passe la porte, et n'hésite pas une seconde pour prendre ma carte de membre ainsi que de réserver des créneaux. On me fait visiter pour que je puisse prendre mes marques rapidement. Je demande immédiatement s'il me sera possible de rencontrer le Doshu pour son cours du lendemain matin.

On me fait alors remplir un document avec des infos me concernant et on me dit que je recevrai un email avec une réponse..


Sur le coup je me dis que je ne recevrai probablement jamais de mail...sauf que là je suis au Japon, un des pays réputé pour la qualité de son service client.
Et c'est à peine quelques heures plus tard que je reçois une réponse positive, on accepte ma demande...

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L'excitation est à son comble pour le pratiquant que je suis et surpasse la fatigue de devoir se lever pour le cours de 6h30 ...
Les chaussures se laissent au rdc dans des casiers prévus à cet effet.


A chaque étage un portrait: au rdc (que les japonais nomment "le 1er" car il n'y a pas de 0) un portrait du fondateur Morihei Ueshiba,  lorsque je monte  à l'étage suivant celui de son fils , le second doshuKisshōmaru Ueshiba.

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Il faut juste prévoir de prendre de la monnaie pour les casiers qui se verrouillent par une clef (que l'on déposera ensuite sur un panneau à l'entrée du dojo). 

Je me change vite et quelques instants plus tard, je foule le parquet puis enfin le tatamis blanc du Hombu dojo.
L'ambiance est calme et une très grande majorité de gradés assiste au cours du matin de Moriteru Ueshiba.

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Tout le monde est en seiza dans silence impressionnant et enfin le Doshu entre.

L 'échauffement est à peu près similaire à ceux que l'on voit régulièrement en France.

 

La pratique est dynamique et on entend que le bruit des chutes. Très peu de consignes sont données, il faut regarder, expérimenter encore et encore et essayer de comprendre.

Beaucoup de pratiquants locaux sont là mais également des étrangers, comme moi.Et tout le monde travaille dans le respect.

Pendant la pratique, le Doshu passe à côté de moi et me demande si je suis bien la personne qui souhaite le rencontrer, j'acquiesce..

Il m a identifié grâce à mon nom brodé sur mon hakama. Je viens de parler au petit-fils du fondateur de la discipline que je pratique avec passion depuis 1988.

 

Le partenaire avec lequel on commence le cours est celui avec lequel on pratiquera pendant toute la séance. Les cours durent 1 heure. Le Doshu décline les kihons les uns après les autres et les images du livre Aïkido fondamental qu'il a réalisé quelques années plus tôt me reviennent en tête...Il est garant de la technique et je tente à chaque fois de saisir des subtilités qui parfois -je dois le reconnaître- m'ont échappé.

Je ne pourrais décrire la facilité déconcertante et la sérénité qui transpirent de la pratique du Doshu, tout parait (à tord) simple et clair en même temps. Le tout emballé dans une ambiance de concentration extrême.

 

La fin du cours arrive, on vient me chercher pour la photo et Doshu m'indique une place à sa droite, devant le kamiza en me disant " koko" (ici), à sa gauche son fils Mitsuteru Ueshiba.

Je me retrouve  alors face à tous les pratiquants qui de la même manière que moi à leur égard se demandent qui je peux bien être.

Mon rêve est devenu réalité: je suis pris en photo avec les héritiers Ueshiba. Ce n'est pas un montage j'ai vraiment vécu ce moment.

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Ensuite on m'encourage à suivre Doshu et Waka sensei,  son fils dans leur bureau du 1er étage.
Là nous échangeons quelques mots sur d'où je viens, le club où j'enseigne. Je savoure chaque seconde de cet instant privilégié. J'en profite pour offrir en retour (en suivant la tradition) des petits présents ramenés de France.

Quand j’y repense, ce moment magique est resté pour moi et restera gravé dans ma mémoire, hors du temps..

J'aurais pu alors repartir du Japon juste 2 jours après être arrivé car j'avais dejà mon Graal mais ce n'était que le 2 ème jour et j’avais encore de nombreuses choses à découvrir... 


Quoi qu'il en soit, il y a une excellente organisation au Hombu dojo et je leur suis reconnaissant  d'avoir pris le temps de m'expliquer le fonctionnement et de me faire visiter comme à un ami..


L'Aïkido est un langage, un moyen de s'exprimer. On échange, on se comprend, on réagit même si l'on ne parle pas la même langue. On arrive à communiquer sans arrière-pensée car on n'est pas dans un système de compétition. Et si finalement l'art de la paix que Morihei Ueshiba a souhaité créer était une forme de communication ?
 

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